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Un Petit Morceau De L'auteur..

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 08:00

Ahhh le français... MA langue !


Mais attention, je ne parle pas tant de celle que l’on a en bouche, que de celle que l’on prononce à tous les jours. Je parle français, c’est ma langue maternelle. J’y suis d’autant plus attachée que petite, ma mère mettait un point d’honneur à ce que nous ayons un bon vocabulaire. Combien de fois me suis-je faite reprendre pour avoir utilisé des anglicismes ou parce que je n’articulais pas bien mes mots ? Par la suite, il est vrai que les efforts de ma mère ont porté leurs fruits. On me disait souvent que je parlais bien le français et c’était un compliment qui me faisait chaud au cœur.

Toutefois, en arrivant en Europe, les choses ont bien changé. Certaines personnes disent que nous, au Québec, on parle mal. On se fait dire qu’on utilise le vieux français, on nous traite de « tabarnakos », mais par contre, les gens adorent notre accent même si ils ne comprennent pas un mot de ce que l’on dit ! On doit répéter 15 fois la même phrase sans se faire comprendre parce que on n’a pas prononcé chaque syllabe de la même façon qu’eux ou parce qu’on n’a pas « francisé » un mot anglais… Frustrant… extrêmement frustrant de parler la même langue et de ne pas être capable de se faire comprendre ! Sans parler des termes que l’on peut utiliser, mais qui ne veulent pas dire la même chose selon si on est québécois ou européen !

C’est souvent frustrant et parfois, on se sent bien seul pendant un moment, quand personne ne nous comprend, mais généralement on rit beaucoup de ces méprises par la suite.

Des méprises dues au vocabulaire utilisé ou à l’accent, j’en ai vécu des pelletées ! Voici quelques anecdotes qui ne sont bien sûr pas exhaustives... d'autres suivront selon mon inspiration !

Un jour, au travail, peu de temps après mon arrivée, je me prépare à distribuer les plateaux de repas.  Je demande donc à la fille avec moi si elle peut m'aider à "passer les cabarets". La fille me regarde avec un grand air surpris et, oui, je crois qu'on peut dire quasiment inquiet. Moment de flottement avant qu'elle me demande ce que je veux dire par là (elle n'avait visiblement pas compris que je faisais référence aux plateaux, alors que moi, je ne voyais pas ce que j'avais dit de mal). Après quelques gesticulations, elle fini bien sûr par comprendre que je parlais des plateaux de repas et au soulagement que je vois dans son visage se rajoute un grand éclat de rire , tout comme ceux des autres personnes qui nous écoutaient. Si au Québec, des plateaux, on appelle aussi ça des cabarets… en Europe, c’est l’endroit où se déhanchent les danseuses. On comprend donc pourquoi la fille avec qui j’étais a tiré une tête quand je lui ai demandé de m’aider à « passer les cabarets » !

Une autre fois, toujours au travail, on parlait de la surprise de découvrir des bunkers dans notre bloc appartement (je reviendrai sur l'histoire des bunkers). Nous étions deux québécoises avec un français et un belge je crois et nous manifestions notre surprise et notre interrogation à ce sujet. Les non-québécois nous regardaient avec de grand air perdu en nous demandant de quoi on parlait. En le leur expliquant, l'un d'eux comprend soudain de quoi on parle et s'exclame:" ahhh, mais vous voulez dire un  bOUMker...". Cette fois, c'est nous qui avons bien rit ! Alors que nous, on prononçait le mot avec un accent anglophone depuis le début, eux ne le comprenait pas parce qu'il n'était pas "francisé". Tout, ce chmick-blick pendant au moins 5 bonnes minutes, juste parce qu'on n'avait pas le "bon accent". En plus, le mot "bunker" dit à la "bOUMker", ça faisait vraiment fifi et tellement pas sérieux que là, c'est nous qui sommes partie à rire et nous sommes moqué d'eux un peu... Pour une fois qu'on pouvait leur rendre la pareille !

Question de dire que ce n'est pas uniquement quand on arrive dans un nouveau pays qu'il peut y avoir des méprises, mais que le langage, c'est quand même bien "incrusté" en nous: plus récemment, j’étais avec un ami et mon chum et on s’obstinait sur la grosseur d’un chevreuil. On était loin d’avoir les mêmes dimensions pour cet animal et chacun était persuadé d’avoir raison. Le gars en question ayant une culture générale impressionnante, je commençais à douter, alors que des chevreuils, on en a pleins au Québec ! Y'en a même qui viennent bouffer les fruits des pommiers de mon père ! On se décide donc à aller voir sur internet, notre ami Wiki, qui donne raison à mon ami. Je ne comprenais pas en quoi j’avais pu avoir si faux jusqu’à ce que je voie, à un endroit de la page, un lien indiquant « chevreuils aux Québec ». J’appuie sur le lien pour tomber sur celle du cerf de Virginie ! Celui que j’appelais chevreuil depuis toute petite était en fait un cerf de Virginie. Je l’avais sans aucun doute déjà su, mais le langage couramment parlé du Québec m’avait fait oublier ce « détail » ! Doh ! J’ai quand même un peu boudé après, question de principe. Cerf de Virginie, c’est laid comme mot !  Ce n’est pas de Virginie ces bestioles là, c’est au Québec qu’on les a et donc, ce sont des CHEVREUILS ! BON ! Et moi, je continue à les appeler comme ça, BON !

Y'en a encore des tonnes d'exemples comme ceux là, certaines fois par les tournures de phrases, d'autres fois simplement par l'usage des mots. Ça nous donne quelques moments cocasses où généralement, on se fout bien de ma tête (puisque je suis plus souvent qu'autrement minoritaire à défendre notre langage québécois!). Sans rancunes, il y a quand même des moments où ça devient frustrant de devoir toujours surveiller chaque mot que l'on utilise. Surtout dans les débuts, quand on arrive, alors qu'on a souvent l'impression que nos interlocuteurs ne font as beaucoup d'efforts non plus. Par la suite, ça se calme un peu et bon, on finit par s'habituer aussi.

Enfin, ça, c'était l'inspiration du moment pour les exemples de langue...mais il y en aura encore beaucoup d'autres à suivre, dont des mots d'ici qui m'ont bien surpris ! ;)

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commentaires

Le Mouth 13/04/2010 12:11


J'en ai plein aussi des anecdotes comme ca d'apres mon experience de la vie francaise :)

Meme si je parle un francais sans (quasi d')accent, j'utilise quelques expressions non francaises originaires de France a gauche a droite! Ce qui pourrait se comprendre facilement pour peu que l'on
veuille faire l'effort. Et c'est la que le bas blesse... Peu de gens veulent le faire, cet effort!


Manou 14/04/2010 10:24



Non, comme tu dis... qu'on soit en France, en Suisse, en Belgique ou au Québec et peu importe l'origine de l'accent. Qu'on soit d'abord surpris par la façon de prononcer les mots, là, je comprend
qu'on fasse répéter une fois. Honnêtement, aujourd'hui, ça me gêne moins, surtout si je sais que j'ai parlé un peu vite. Par contre, y'a des fois où j'ai l'impression que les gens ont très bien
compris, mais qu'ils me font répéter juste pour "le fun"... là, j'aime pas mal moins !



Artisanat Cambodge 12/04/2010 13:50


Ah le Français, moi je suis toujours émue quand je vois un vieillard au Cambodge qui parle français ou quand je suis allé au Tchad et le tableau noir est couvert avec la leçon de conjugaison
française...


Manou 12/04/2010 15:44



On a une belle langue, où qu'elle soit parlée et peu importe l'accent et les expressions... c'est ce qui la rend si riche justement !